Lois jurisprudentielles concernant la viande des bêtes égorgées par les Gens du Livre à la lumière du madhhab châfi’ite

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

 

 

       Unanimité sur la question

   Tout d’abord, il faut savoir que la viande des bêtes égorgées par les Juifs et les Nazaréens est licite de par le texte clair du Coran ainsi que l’unanimité des jurisconsultes de l’Islam, en dehors des Chiites desquels Al ‘Abdari et autre ont mentionné qu’ils la jugeaient être illicite, mais l’avis des Chiites n’est point considéré pour statuer ou pas de l’Unanimité ; dit l’imam An Nawawi dans « al majmoû’ charh al mouhaddhab ». Le Musulman qui, à notre époque, dirait de manière absolue que la viande des bêtes égorgées par les Gens du Livre est illicite serait donc en accord avec l’avis rapporté des Chiites et en opposition à l’unanimité des savants de la jurisprudence islamique.

 

 

Qui sont les Gens du Livre ?

La personne des Gens du Livre dont la viande de sa bête égorgée est licite est celle qui fait partie d’un peuple qui adhère à cette religion depuis l’époque où elle était authentique, c’est-à-dire avant son altération et avant la prophétie de Mouhammad – sallAllahou ‘alayhi wa sallam –. Autrement dit, en ce qui concerne le Chrétien d’aujourd’hui, il doit être d’un peuple ayant embrassé la religion de Moûsâ et ‘Îsâ – ‘alayhimas salam – avant les deux évènements précédents. C’est pourquoi
les Chrétiens du peuple arabe ne sont pas considérés comme étant des Gens du Livre dont la viande de leurs bêtes égorgées est licite ; il en est de même et à plus forte raison pour une personne qui se convertirait au Christianisme à notre époque. Pour le Juif, s’il est Israelite2 la question ne se pose pas, mais s’il ne l’est pas (puisque des gens aux quatre coins du monde se sont convertis au Judaïsme au fil de l’Histoire, même si, apparemment, les caractéristiques du processus de conversion varient selon les courants de cette religion) il est une condition de ne pas avoir un doute sur le moment de l’entrée de ses ancêtres dans cette religion : était-ce avant son abrogation ou après 3?

La preuve de cette loi est le hadith rapporté par Al Bayhaqi d’après Chahr ibn Hawchab : « Le Prophète – sallAllahou ‘alayhi wa sallam – interdit la viande des bêtes égorgées par les Chrétiens arabes. ». Il fut également rapporté que ‘Oumar ibn Al Khattâb aurait dit : « Les Chrétiens arabes ne font pas partie des Gens du Livre, la viande des bêtes qu’ils égorgent ne nous est pas licite. » ; et ‘Ali ibn Abî Tâlib : « La viande des bêtes égorgées par les Chrétiens de la tribu des Banoû Taghlib est illicite. ». Ce car les Chrétiens arabes ont embrassé cette religion après son altération, on ne sait donc pas si les premiers d’entre eux étaient entrés dans la religion de ceux qui avaient modifié la législation de ‘Îsâ ou de ceux qui y étaient restés fidèles. Pour être compté parmi les Gens du Livre, il faut donc avoir hérité de l’affiliation à la religion, révélée dans la Torah et/ou l’Evangile, d’ancêtres qui l’avaient embrassée lorsqu’elle était encore authentique.

L’illicéité de la viande des bêtes égorgées par les Chrétiens arabes fut l’avis émis par ‘Ali ibn Abî Tâlib, ‘Atâ et Sa’îd ibn Joubayr. Tandis qu’eurent un avis contraire : ibn ‘Abbâs, An Nakha’i, Ach Cha’bi, ‘Atâ Al Khourâsâni, Az Zouhri, Al Hakam, Hammâd, Aboû Hanîfah, Ishâq ibn Râhawayh et Aboû Thawr. Cela a été dit par l’imam An Nawawi dans « al majmoû’ charh al mouhaddhab ».

 

 

Dire « au nom d’Allah » avant d’égorger : condition obligatoire ?

L’avis de l’Ecole Chafi’ite et de la majorité des autres jurisconsultes est que la viande des bêtes égorgées par les Gens du Livre est licite qu’ils aient mentionné le nom d’Allah ou pas lors de l’égorgement. La preuve de cette loi est le sens apparent du verset coranique : « La nourriture des Gens du Livre vous est licite et la vôtre leur est également. » [s.5, v.5]. Ibn Al Moundhir a dit que cet avis était celui de : ‘Ali ibn Abî Tâlib, An Nakha’i, Hammâd ibn Abî Soulaymân, Aboû Hanîfah, Ahmad, Ishâq et autres. Tandis qu’Aboû Thawr a dit : « S’ils mentionnent le nom d’Allah, tu peux manger leur viande, sinon tu ne le pourras. » ; ce qui fut rapporté, sans affirmer l’authenticité de la transmission, d’ibn ‘Oumar et de ‘Aïchah. Cela a été dit par l’imam An Nawawi dans « al majmoû’ charh al mouhaddhab »4

Par contre, si l’individu parmi les Gens du Livre égorge la bête par vénération pour une idole ou autre parmi les créatures, sa viande est illicite.*

 

Pourquoi les Gens du Livre et personne d’autre parmi les mécréants pour la viande licite ?

L’érudit exégète ‘Abd Ar Rahmân As Sa’di a cité dans son tafsîr du verset précédent que la raison pour laquelle Allah a rendu licite pour les Musulmans la viande des bêtes égorgées par les Gens du Livre en dehors de tous les autres mécréants peuplant la Terre est qu’ils sont des gens qui, en raison de leur affiliation à des prophètes et des livres d’Allah ayant tous été unanimes sur le paganisme du sacrifice d’une bête pour autre que le Seigneur, croient qu’il est interdit d’égorger une bête par vénération pour autre qu’Allah. 

 

 

Les abattoirs des Gens du Livre aujourd’hui…

A propos des abattoirs gérés par les Gens du Livre – ou même par des Musulmans – à notre époque, si l’on doute de la manière dont les bêtes sont mises à mort (par l’égorgement alors que la bête est stablement vivante ou bien par l’égorgement alors qu’elle ne l’est plus car déjà morte ou en train de mourir, ou encore par autre procédé faisant de la viande une nourriture illicite), quelle doit-être notre décision face à leur viande ? Pour répondre brièvement et simplement à cette question (qui a déjà fait l’objet de bien des polémiques dans nos rangs), il suffit de dire que les savants de notre époque sont partagés en deux avis :

 -Considérer cette viande licite jusqu’à preuve du contraire, jusqu’à preuve que le procédé de mise à mort dans tel abattoir dont elle provient n’est pas l’égorgement légal ; puisque « la certitude (ici le statut licite de la viande des Gens de Livre) ne prend fin que pour une autre certitude, non pas à cause d’un doute ou d’une supposition » et « on doit s’en tenir au statut de base (ici la licéité de la viande des Gens de Livre) et le mettre à exécution dans tout son champ d’application », est-il établi dans la jurisprudence islamique.

-S’abstenir de consommer cette viande et de commercer avec, voire carrément – pour certains savants – la juger comme étant illicite, au vu des forts doutes causés par les différentes enquêtes déjà menées et les nombreux témoignages déjà donnés autour de ces abattoirs, mais aussi en raison de la règle jurisprudentielle qu’est : « Le statut de base pour la viande des animaux morts est l’illicéité jusqu’à ce que l’on sache que la mise à mort a été pratiquée selon le procédé légal ; lorsque l’on doute, on doit donc s’en tenir au statut illicite de base ». En effet, « Délaisse ce qui te fait douter pour ce sur quoi tu n’as pas de doutes. » , « Les choses licites sont certes évidentes et les choses illicites le sont également, mais entre les deux se trouvent des choses ambiguës dont le statut est ignoré par beaucoup de gens. Quiconque se protège de ces choses douteuses aura sauvegardé sa religion et son honneur. Quiconque y entre pénètrera dans les choses illicites, à l’exemple du gardien de troupeau qui fait paître ses bêtes près d’un terrain défendu et risque alors à tout moment de les y engager. »7 , « Les choses licites sont évidentes et les choses illicites le sont également, mais entre les deux se trouvent des choses ambiguës. Quiconque délaisse ce qui, d’après lui, pourrait être un péché, sera plus fort encore dans l’abandon de ce qui est clairement illicite à ses yeux. Quiconque se risque à y entrer sera sur le point de s’engager dans ce qui est clairement illicite à ses yeux. »8, « Lorsque tu envoies ton chien dressé saisir le gibier, mentionne le nom d’Allah. S’il l’attrape puis que tu arrives jusqu’à lui alors qu’il est encore vivant, égorge-le. S’il a été tué et que ton chien n’en a rien mangé, tu peux manger sa viande. Par contre, si tu trouves un autre chien avec le tien et que le gibier a été tué, n’en mange pas car dans ce cas tu ne sais pas lequel des deux l’a tué. »9, « Lorsque tu tires ta flèche sur le gibier, mentionne le nom d’Allah. Après cela, si tu le trouves mort, tu peux manger sa viande, sauf s’il se trouve dans l’eau car dans ce cas tu ne sais pas ce qui l’a tué : la noyade ou ta flèche. » 10, a dit le Prophète – sallAllahou ‘alayhi wa sallam –

 Avant de rappeler un commentaire écrit auparavant et indiquant certaines règles à respecter lors de la divergence des savants dans des sujets d’ijtihâd, citons un principe important : la majorité des jurisconsultes voit qu’il est recommandé de tenir compte, dans l’ensemble, de la présence de la divergence des savants dans une question, lorsque c’est le cas, et alors d’en sortir en s’éloignant de la chose jugée illicite par une partie d’entre eux et en accomplissant la chose jugée obligatoire par une partie d’entre eux11. L’imam An Nawawi a dit (dans « charh sahîh mouslim ») : « Les savants sontunanimes sur le fait d’inciter à sortir de la divergence lorsque cela n’impose pas de
s’écarter d’une tradition prophétique ni d’entrer dans une autre divergence. ». Cela est donc dans un but de précaution par rapport à l’accomplissement des ordres (de type obligatoire ou surérogatoire) et face au délaissement des interdits (de type illicite ou déconseillé) ; lorsque l’avis étant à première vue le plus prudent est soutenu, bien sûr, par un argument de poids.

Pour finir, rappel du commentaire rédigé il y a quelques temps :

Tu penses vraiment être apte à trancher dans un sujet d’itjihâd de divergence, dans le fiqh, entre les érudits de l’Islam ? Tu penses avoir acquis tous les outils nécessaires pour cela parmi la connaissance suffisante de la langue arabe, des fondements de la jurisprudence, des règles globales de la jurisprudence, de la terminologie du Hadith, etc. ? Ou bien tu n’es qu’un individu ne pouvant se passer du suivisme envers un moufti, car même si tu as connaissance de l’argumentation de son jugement (qu’elle soit textuelle ou conceptuelle) tu ne disposes pas de l’aptitude scientifique suffisante pour affirmer de manière décisive qu’elle est prépondérante face à celle des autres avis dans ce sujet (si l’on suppose que tu as connaissance de tous les autres avis divergents émis par les savants dans cette question avec l’argumentation entière de chacun) ? Et tu ne peux donc que pencher vers un avis, le choisir pour ta pratique personnelle, et – au mieux – l’estimer être prépondérant au vu de l’explication qu’a donnée ton moufti mais sans pouvoir affirmer catégoriquement qu’il est l’avis étant plus juste que tous les autres…

Quelle belle parole de Chaikh ‘Abd As Salâm Ach Chouway’ir avions-nous lue dans un des derniers articles : « Je rappelle donc, pour finir, la parole célèbre de ‘Ali ibn Abî Tâlib qui mériterait d’être écrite sur la première page de tout livre, comme l’a dit Ishâq avec le hadith d’après ‘Oumar sur l’intention : « J’aurais aimé que pas un seul livre ne soit composé sans qu’il ne commence par le hadith « Tous les actes proviennent d’une intention […] ». ». Et moi, au vu de la multitude des ignorants à notre époque ainsi que des imposteurs dans la science religieuse et de ceux qui ont l’impudence de s’exprimer en son nom avant d’être de ses gens, je rappelle aux gens la parole de ‘Ali après celle d’Allah et celle de Son messager – sallAllahou ‘alayhi wa sallam – : « Si chaque ignorant gardait le silence, aucune fitnah (épreuve difficile, trouble, dissension) ne surviendrait dans l’Islam. ».

Il y a plusieurs années, j’avais assisté, en France, à une discussion, au sujet de la récitation de la fâtihah derrière l’imam dans une rak’ah à voix haute, est ce une obligation pour le ma-moûm ou pas. Un frère, bien qu’arabophone et se réclamant de la voie des pieux prédécesseurs, s’était exclamé devant un bon nombre de frères de la sorte : « Même s’il y a une divergence connue dans ce sujet, c’est l’avis prépondérant (« râjih ») que chacun se doit de suivre ! » ! Et l’avis prépondérant pour lui était celui qui est inscrit dans le livre, célèbre chez les francophones et autres, « La description de la prière du prophète – sallAllahou ‘alayhi wa sallam – » du grand savant Al Albâni, par lequel beaucoup d’entre nous ont fait leur premier apprentissage pour savoir comment prier, que chacun d’entre nous, selon le « houkm » de ce frère, devait donc qualifier lui aussi comme étant l’avis prépondérant ici ! Et ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres à notre époque dans ce genre de contrées, dans lesquelles nous vivons et où l’ignorance règne, nous pouvons trouver un grand nombre de Musulmans avec une belle apparence physique orthodoxe et une affiliation déclarée à la voie des Compagnons qui, malgré cela, ne saisissent pas que l’avis prépondérant chez l’érudit Al Albâni n’est pas forcément l’avis prépondérant chez l’érudit Al ‘Outhaymîn, ni que l’avis prépondérant d’après (les plusieurs centaines de grands jurisconsultes de) l’Ecole Hanbalite n’est pas forcément l’avis prépondérant selon (les plusieurs centaines de grands jurisconsultes de) l’Ecole Chafi’ite. Ils n’assimilent pas non plus le fait que lire l’argumentation d’un moufti par laquelle il étaye son avis dans un sujet d’ijtihâd de divergence, sans citer tous les arguments des autres avis et les réfuter de manière indiscutable, ne suffit pas pour dire « C’est là l’avis prépondérant qu’il faut suivre! ». Ils ne comprennent pas que le suiviste ou le suiveur d’un moufti ne peut imposer l’ijtihâd de ce moufti qu’à lui-même et pas aux autres. Et cela révèle en réalité une grave défaillance dans l’apprentissage religieux qu’a eu ce genre de gens. Quel malheur et quel éloignement face à la voie des pieux prédécesseurs ! Qu’Allah nous en préserve. 12
.
L’imam ibn Taymiyyah a dit : « Il est illégal pour quiconque de juger prépondérant un avis face à un autre sans preuve, sans parler de s’accrocher fanatiquement à un avis face à un autre ou au jurisconsulte, émetteur de l’avis, au détriment d’un autre sans preuve évidente. Celui qui pratique le suivisme (« at taqlîd ») car il n’a pas les moyens scientifiques suffisants pour faire autrement, il a le devoir de s’en tenir au statut de ce « taqlîd » en se fiant à son chaikh sans donner son avis personnel en qualifiant l’avis de son chaikh comme prépondérant face aux autres, en taxant de faux un avis ou en le dépréciant, en donnant tort ou raison à qui que ce soit. Quant à celui qui détient parmi le savoir et l’éloquence ce qui lui permet de faire la part des choses et que sa parole sur les lois divines soit digne d’être écoutée, il est l’individu qui a le droit de se prononcer et d’être suivi en cela par les gens, qui acceptent alors l’avis qu’il voit être juste, rejettent celui qu’il juge être faux, s’abstiennent lorsqu’il ne tranche pas car ni l’un ni l’autre ne lui apparaît être bon ou erroné. Allah – exalté soitIl – n’a certes pas donné à tous les hommes un seul et même niveau de capacité intellectuelle, de la même façon qu’Il a fait d’eux des niveaux bien disparates dans la capacité physique. Cette question (de divergence qu’est la définition exacte des Gens du Livre dont la viande des bêtes qu’ils égorgent nous est licite) et autres sujets d’ijtihâd semblables renferment parmi les profondeurs et les composantes de la jurisprudence ce que nul ne pénètre en dehors des gens qui connaissent quels sont tous les avis différents des savants qui s’y trouvent et quels sont leurs arguments et les sources de ces derniers. Quant à l’individu qui ne connaît qu’un seul de ces avis quand bien même cela serait avec son argument, sans avoir connaissance des autres avis des savants avec leurs arguments, il n’est certes qu’un des « ‘awâmm mouqallidoûn » (gens du commun qui pratiquent le suivisme) parmi tant d’autres et en aucun cas l’un des gens de science qui sont aptes à trancher dans les sujets d’ijtihâd de divergence en jugeant tel avis comme étant prépondérant et tel autre comme étant erroné. Qu’Allah – exalté soit-Il – nous guide ainsi que nos frères vers ce qu’Il aime et agrée, et c’est de Lui que provient la réussite, et Il est plus savant. » [« majmoû al fatâwâ » 35/233].

Dans un écrit de ces derniers mois j’avais mis les propos suivants : « Et il est certes important de se rappeler que dans la plupart des cas le Musulman en quête de savoir (« tâlib al ‘ilm ») penche vers l’avis de son chaikh de référence ou son chaikh qui lui a presque tout appris, pour ce qui est des sujets d’ijtihâd de divergence, si carrément il ne le soutient pas de manière catégorique, et ce jusqu’à ce qu’Allah lui permette d’acquérir une part suffisante des outils du savoir islamique qui le rende apte à détecter les erreurs, les faiblesses ou les manquements dans l’argumentation de ses chaikhs, bien que sa détection-ci reste son ijtihâd personnel étant faillible lui aussi ! A ce sujet, l’éminent érudit contemporain, membre de l’Assemblée des Grands Savants du Royaume d’Arabie Saoudite, mémorisateur étonnant, orateur éloquent, Chaikh Sâlih Al ‘Ousaymi dit à propos des gens de science de son pays : « Nous, les Hanbalites dans ce pays, 99,9% sont incapables de trancher d’eux-mêmes dans les sujets d’ijtihâd de divergence. Ne sois pas trompé par ce que tu entends des professeurs dans les cursus académiques « L’avis prépondérant est ci, l’avis prépondérant est ça », ils ne font que te citer l’avis ayant été jugé comme prépondérant par Chaikh ibn Bâz ou Chaikh Al ‘Outhaymîn ou encore l’imam ibn Taymiyyah! »

Rappel d’un principe important déjà étudié : Chaikh ‘Abd As Salâm Ach Chouway’ir a dit : « Le serviteur ne doit demander une fatwa qu’à l’homme en qui il a grande confiance au vu de sa piété, sa science et sa continence (face à l’interdit et à l’ambigu). Ibn Abî Zayd Al Qayrawâni Aboû Mouhammad, qui était surnommé « le petit Mâlik », a dit à ce propos : « Le devoir obligatoire du moujtahid est d’analyser les arguments et les comparer, tandis que celui de l’individu qui demande une fatwa et l’individu qui pratique le suivisme est d’analyser les moujtahids et les comparer. ». N’interroge donc pas n’importe quel homme qui s’est mis sur le devant de la scène ou qui apparaît dans les médias au nom de la délivrance de fatwas, il t’est illégal de faire cela. Plutôt, cherche chez eux et compare-les entre eux afin de trouver celui qui, selon toi, est le plus pieux, le plus savant et le plus continent ; et demande-lui alors ce que tu as besoin de savoir et de comprendre dans ta religion. C’est là une règle qu’ont citée la plupart des savants dans le domaine des fondements de la jurisprudence. ».

Qu’Allah couvre d’éloges et de salut notre prophète Mouhammad, et louange au Seigneur de l’univers.

 

Par Rajab ibn ‘Abd Allah.

 

 


1 C’est-à-dire : Lois rituelles selon la méthode de déduction et d’interprétation jurisprudentielle de l’Ecole Chafi’ite et son avis de référence. Les sources de fiqh châfi’i utilisées pour cet exposé sont : « al majmoû’ charh al mouhadhhab » d’An Nawawi, « an najm al wahhâj fî charh al minhâj » d’Aboul Baqâ Ad Damîri, « al fiqh al manhaji ‘alâ madhhab al imâm ach châfi’i » de Moustafâ Al Khin, Moustafâ Al Boughâ et ‘Ali Ach Charbaji, « al fiqh ach châfi’i al mouyassar » de Wahbah Az Zouhayl .

2 Référence au peuple d’Israel, les descendants des fils de Ya’qoûb.

3 Mais existe-t-il une peuplade, une communauté ou une ethnie n’étant pas Israelite et s’étant
convertie au Judaïsme avant la prophétie de ‘Îsâ ?

4 Ici, il est important de savoir que mentionner le nom d’Allah avant d’égorger une bête n’est pas, d’après une partie des jurisconsultes de l’Islam, une condition de licéité de la viande et même lorsque la personne qui l’a égorgée est musulmane. En effet, l’avis du madhhab châfi’i est que cela n’est que recommandé et que, par conséquent, si le Musulman ne le fait pas, par oubli ou même volontairement, la viande est tout de même licite. L’imam An Nawawi a cité que cet avis avait été rapporté, sans affirmer l’authenticité de la transmission, d’ibn ‘Abbâs, d’Aboû Hourayrah et de ‘Atâ. Puis il a mentionné, d’après Al ‘Abdari, qu’Aboû Hanîfah était d’avis que si le Musulman n’a pas prononcé le nom d’Allah par oubli, la viande est licite, à l’inverse du cas où le délaissement est volontaire ; ce qui est aussi l’avis de la majorité des savants. Toujours d’après Al ‘Abdari, il a dit que les jurisconsultes malikites, quant à eux, étaient partagés en deux avis : le même que celui d’Aboû Hanîfah (qui est le plus authentique d’après les règles méthodiques de leur école) et le même que celui des Chafi’ites ; quant à Ahmad, trois avis différents furent rapportés de lui, le plus notoire et l’authentique chez les jurisconsultes de son école est que mentionner le nom d’Allah est absolument (sans distinction entre l’oubli et le souvenir) une condition de licéité de la viande. Chacun de ces avis s’appuie sur une interprétation des versets et des hadiths dans lesquels ce sujet est traité, différente de l’interprétation des avis opposés.

5 Comme ce qui survient pour une partie des bêtes, d’après certains témoignages, qui, avant d’être égorgées, subissent un étourdissement électrique ou par inhalation de gaz.

6 Rapporté par Ahmad, An Nasâ-i et At Tirmidhi d’après Al Hasan ibn ‘Ali.

7 Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim d’après An Nou’mân ibn Bachîr.

8 Rapporté par Al Boukhâri d’après An Nou’mân ibn Bachî

9 Rapporté par Mouslim d’après ‘Adiyy ibn Hâtim.

10 Rapporté par Mouslim d’après ‘Adiyy ibn Hâtim.

11 Voir « al mawsoû’ah al fiqhiyyah al kouwaytiyyah

12 A l’opposé de ces gens, nous en trouvons d’autres qui sont dans une bien plus grave calamité : permettre la divergence d’opinion dans les fondements de la religion au nom de la divergence permise entre les savants et par analogie avec la divergence des savants dans les sujets d’ijtihâd